Radio & podcast :
vision croisée comment faire de l’audio ?

Dans le cadre de la première édition du format AudioTalks d’NRJ Global, co-organisé avec l’agence BIG SUCCESS France, nous avons eu le plaisir d’accueillir deux experts de l’audio : Nicolas Bourbouin, journaliste et rédacteur en chef adjoint du réseau Chérie FM (NRJ Group), et Guillaume Centracchio, fondateur de Sunday Night Media et créateur du podcast Dans la Tête d’un Coureur. Découvrez leur interview complète ci-dessous🎙️ :

Est-ce que journaliste radio et podcasteur, c’est le même métier ? 

Nicolas Bourbouin : « Oui, fondamentalement. Radio et podcast partagent le même ADN : la voix, l’attention et l’utilité pour l’auditeur. Notre rôle est le même : informer, divertir, rendre accessible une information, créer un lien. Ce qui change, ce sont les codes, la temporalité, le rythme et les usages, mais l’essence reste identique. »

Guillaume Centracchio : « Je suis d’accord. Le podcast s’inscrit dans la continuité de la radio. Historiquement, tout part de la voix et de la capacité à capter l’attention. Les formats évoluent, les outils aussi, mais l’audio reste un média de connexion humaine extrêmement puissant. »

 

Comment a évolué la création de contenus audio ces dernières années ?

Nicolas Bourbouin : « L’offre s’est considérablement enrichie : radio live, webradios, podcasts replay, podcasts natifs. Cela a transformé la production, mais une chose n’a pas changé : l’importance du lien humain et de la sincérité. Les audiences attendent des voix incarnées, proches de leur quotidien. C’est ce qui crée l’engagement durable. »

Guillaume Centracchio : « Le podcast s’est fortement professionnalisé. La qualité de production a progressé, les audiences ont grandi et surtout, l’exigence des auditeurs s’est accrue. Aujourd’hui, la question est simple : « Pourquoi vais-je te donner mon temps ? » La réponse passe par la valeur du contenu et le respect de l’intelligence de l’auditeur. »

 

Dans un univers ultra-saturé, comment capter et retenir l’attention ?

Nicolas Bourbouin : « La clé reste la pertinence et l’ancrage dans le quotidien. La radio est un média d’habitudes, structuré par des temporalités fortes.
Aux antennes, les contenus sont pensés en fonction des cibles, des usages et des territoires. Le maillage local et la capacité à parler à tous les Français sont des forces majeures. »

Guillaume Centracchio : « Podcast et radio sont complémentaires sur ce point. La radio travaille la rétention dans un flux, le podcast bénéficie d’une écoute choisie. Dans le podcast, notre enjeu est d’apporter suffisamment de valeur pour que l’auditeur apprenne quelque chose et le partage. Quand un contenu se transmet à la “machine à café”, il a gagné. »

 

Quelles sont, selon vous, les forces respectives de la radio et du podcast ?

Guillaume Centracchio : « La radio a deux atouts incomparables :

  • le direct
  • la puissance

C’est le média de l’instant et de la réactivité. Aucun podcast ne peut rivaliser avec cette couverture massive. Le podcast, lui, est un média de confiance, de liberté et de temps long, mais ce n’est pas un média de masse – et ce n’est pas sa promesse. »

Nicolas Bourbouin : « Le podcast permet effectivement d’aller loin sur un sujet. La radio, elle, est un média de rythme, de mobilité et d’appartenance. Le direct crée des moments uniques, non lissés, profondément humains. C’est aussi un média de flux, ce qui est un avantage fort dans un monde saturé de choix. »

 

Justement, le flux est-il encore un avantage aujourd’hui ?

Guillaume Centracchio : « Oui, clairement. La surcharge cognitive est énorme. De plus en plus, les audiences veulent déléguer le choix à une marque média de confiance. Le flux réduit la charge mentale et crée un confort d’écoute. C’est une force historique de la radio… que les plateformes cherchent aujourd’hui à recréer. »

 

Finalement, est-ce que les marques ont intérêt à choisir entre radio et podcast ?

Nicolas Bourbouin : « La vraie question n’est pas de choisir, mais de combiner intelligemment. La radio permet d’installer rapidement une marque, de travailler la notoriété, la répétition et la puissance. C’est un média de couverture, de rythme et d’impact immédiat. Pour une marque, c’est un levier structurant, capable de toucher massivement et régulièrement. »

Guillaume Centracchio : « Le podcast intervient à un autre moment du parcours. Il permet d’installer un discours plus profond, de travailler l’expertise, la préférence de marque, la crédibilité. On est sur un média d’attention choisie, avec des audiences engagées et qualifiées. »

 

Dernière question : quelle place pour l’IA dans l’audio ?

Nicolas Bourbouin : « L’IA est un outil de support, pas de remplacement. Elle peut aider à la préparation, à la personnalisation des parcours, mais la chaleur de la voix et l’incarnation resteront humaines. »

Guillaume Centracchio : « L’IA est un formidable accélérateur de production et de diffusion des contenus. Mais la création, l’écriture et l’originalité ne peuvent pas être déléguées. Sans intelligence humaine derrière, l’IA produit des contenus standardisés. »

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