En quoi consiste le métier de Programmateur Radio ?
La programmation musicale est tout d’abord la curiosité d’une personne à connaitre les titres que peuvent aimer les auditeurs en fonction d’une cible donnée. Il faut être curieux, aimer les différents genres musicaux et avoir une bonne culture musicale. Au sein du groupe NRJ, nous avons un service étude avec qui nous travaillons en étroite collaboration.
En tant que programmateur, je choisis les titres des chansons en fonction d’une cible donnée, pour Nostalgie, on s’intéressera plus particulièrement à une cible adulte. Les auditoriums et/ou call out nous permettent de connaitre le taux de passion d’une chanson. Et en fonction de ces résultats, les chansons se retrouvent dans des catégories plus ou moins fortes, ou pas jouer du tout. Le travail d’un programmateur est d’assembler les titres les plus appréciés pour que l’auditeur prenne plaisir à écouter longuement et régulièrement la radio.
Quels critères décisifs retiens-tu pour choisir un morceau ou construire la playlist ? Données d’écoute, intuition humaine ?
La construction d’une playlist est surtout construite en fonction du son que l’on veut donner à une radio. Nous avons une étude spécifique sur les genres musicaux qui permettent de choisir quelle orientation musicale va prendre une radio.
Pour Nostalgie, nous faisons un calcul mathématique assez simple. Nous déterminons les chansons qui ont comptés dans la vie de nos auditeurs, on s’intéresse aux chansons que nos auditeurs ont connu à partir de leurs 13 ans, qui est l’âge à laquelle on se détache de l’influence de ses parents pour avoir ses propres choix musicaux, on traverse l’adolescence avec les premiers amours puis les premiers moments adultes autour de ses 20 ans, les chansons avec lesquelles on dansait en discothèque jusqu’à ses 30 ans à peu près.
On balaye 20 ans de musiques sur Nostalgie de la fin des années 70, on traverse toutes les années 80 et le début des années 90.
Pour les genres musicaux on va du disco (Bee Gees, Donna Summer) en passant par le funk (Kool and the Gang, Imagination), puis la pop des années 80 (Michael Jackson, Madonna, Phil Collins) Le rock 80 (Queen, Police, U2, Depeche Mode) La pop Française (Etienne Daho, Balavoine, Cabrel, Goldman, Farmer, Indochine) et également les chansons ciglés Stars 80 (Cookie Dingler, Image, Partenaire Particulier, Montagné, Gold).
Donc quand on écoute Nostalgie, cela nous rappelle notre jeunesse et des moments de vie qui nous ont marqué, on a une émotion particulière avec chaque chanson.
Quand je programme Jean-Jacques Goldman, il suffira d’un signe, j’ai tout de suite l’image de Goldman chez Michel Drucker avec sa petite cravate noir en cuir, pareil pour Lio, je la revoie dans Platine 45 avec Jackie ou A-HA take on a tous l’image du clip en tête.
Tous ça génère de l’émotion chez nos auditeurs, et je dis souvent que mon métier c’est de faire plaisir aux gens qui écoutent la radio.
Y a‑t‑il des choix musicaux ou autre que l’algorithme ne peut pas remplacer ? Pourquoi ?
Entre nous, l’algorithme n’a pas d’émotion, il prend bêtement un artiste et il propose des chansons en rapport avec cet artiste.
Exemple si on dit qu’on aime Michael Jackson, il va nous proposer Pharell Williams, Bruno Mars, Justin Timberlake… alors que la radio va plutôt s’orienter sur un panachage de genre pour ne pas rester dans une niche.
Si on écoute Michael Jackson, on peut avoir Queen, Indochine, Cyndi Lauper, Gold, Prince, Téléphone, Wham mais aussi des pépites comme Hotel California D’Eagles, bref tous les plus grands tubes.
Il n’y a que la radio qui puisse offrir ces enchainements de musique qui sont déjà établi par des humains.
Quand vous êtes devant une plateforme, vous pouvez vous amuser avec mais au bout d’un moment vous avez vite fait le tour et vous ne savez plus quoi chercher, le radio vous propose les meilleurs titres « du moment » sur NRJ ou des titres incontournables sur Nostalgie.
Les radios digitales vont encore plus loin en proposant encore plus de choix de titres, avec des thématiques encore plus spécifiques comme le rock, la soul, le funk ou encore des ambiances avec des chansons pour danser, ou pour chanter.